Cahiers d’entraînement : ECRIRE

Voilà, après un an d’absence les premiers cahiers d’entraînements!

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Le cahier d’écriture d’un article est destiné à préparer les élèves à l’écriture d’un article pour notre journal d’école qui s’appelle Journalado, libre à vous de l’adapter avec la version modifiable à votre journal.

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                                              NIVEAU 1                                              NIVEAU 2

Pour la recette, j’ai fait deux niveaux qui correspondent à peu près aux deux paliers du socle commun.

Tout commentaire sur des améliorations possibles ou sur des erreurs sont les bienvenus.

Projet : voyage atour du monde

Voyage autour du monde

Tout d’abord le point de départ. Une conférence faite par Idriss J. Akerdane: « les jeux sociaux, les nouvelles autoroutes de la connaissance ».

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Elle s’adresse aux professeurs du 2nd degré mais est tout aussi intéressante pour les enseignants du 1er degré. Il y explique entre autres choses l’intérêt des jeux dans l’apprentissage, et spécialement ceux qui demande une collaboration avec ses pairs pour résoudre des problèmes. Les points d’appuis sont la neuro et la psycho. C’est brillant et passionnant, regardez les trois parties si vous pouvez. L’idée du projet m’est venu en regardant la fin, les 5 dernières minutes de la partie 3. Il y parle de l’utilisation d’un planisphère en classe pour associer les apprentissages à une zone géographique, cela ferait appel à la mémoire épisodique, qui est la plus puissante du cerveau (en gros hein… »la spatialisation de l’information permet d’améliorer sa rétention »). Il explique tout ça à la fin de la partie 1, je vous laisse apprécier. L’idée de départ est donc celle-ci, chaque période un continent, un planisphère nu géant sur un mur extérieur de la classe qu’on remplit des différentes choses découvertes au fil de l’avancement du projet (morceaux de tissu, photos, plumes,…).

Planisphère

Celui-là est dans le couloir. On en a un aussi dans la classe qui ne représente que le continent étudié du moment, ici l’Asie.

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Au départ, je voulais utiliser une petite mascotte qui aiderait à faire avancer le voyage. A créer des interactions, des déclics affectifs. J’ai pensé à deux petites figurines de Toy Story qui seraient placées dans la petite montgolfière de la classe et disparaitraient un matin. Woody et Buzz nous auraient donner des nouvelles au fil de leur voyage. L’intérêt étaient de pouvoir avoir un maximum de photos que je puisse détourer et insérer dans des paysages du monde entier, ils auraient envoyé ça par mail régulièrement. J’avais pensé aussi à une disparition soudaine de l’épouvantail du jardin… même principe. Malheureusement il a avait déjà disparu mystérieusement il y a 2 ans, affaire non résolue aujourd’hui. Il aurait fallu en fabriquer un nouveau, et le faire disparaître ensuite. Il se serait sauvé du jardin pour découvrir le monde. Tout ça était un peu tiré par les cheveux j’ai donc abandonné. Le but étant d’avoir un attachement affectif pour qu’ils puissent immédiatement investir le projet, j’ai utiliser un autre fil conducteur.

Les Tsiganes

J’ai commencé à leur parler des tsiganes quand nous avons débuté notre voyage en Europe. Les stéréotypes sur ce peuple sont vites tombés et ils ont commencé à s’attacher à eux, la musique y a beaucoup contribué mais aussi les histoires racontées et l’esprit de liberté qui animent ces nomades Quoi de mieux pour un voyage autour du monde que de parler des gens du voyage. En littérature de jeunesse, j’ai travaillé avec:

  • « Le dragon d’etoiles »  de Jean-Jacques Fdida et Régis Lejonc
  • « Le Tapis d’Esma » de Noëlle Barthelémy, Eric Slabiak et Olivier André (avec CD)
  • « La Musique des gitans, le petit cheval d’étoiles » de béatrice Fontanel (avec CD)
  • « La couverture du papa soldat » de Gianni Rodari

Et voilà les documents d’appui que j’ai créé.

Pour le reste du voyage, nous découvrons un pays par semaine. Fiches documentaires réalisées par mes soins, on colle les photos sur une carte format A4 pour spatialiser l’information, encore ! Je leur passe aussi des vidéo ou de la musique pour illustrer tout ça. J’essaye pour chaque pays d’écrire une recette.

Ateliers Educatifs

Je travaille avec une éducatrice et elle utilise ce thème pour certains de ses ateliers: création d’objets (évantail pour L’Espagne, Kakejiku pour le Japon, un jeu de balle d’Océanie…), les droits des enfants dans le monde, réalisations des recettes du cahier en ateliers ponctuels, ou pour la préparation d’un repas spécial tour du monde.

Repas autour du monde

Des sorties

Ce thème permet de faire de nombreuses sorties de classe, nous sommes allé voir le cirque Romanès, qui est un cirque tsigane à Paris, le seul en Europe. L’ambiance y est  détendu et festive ! Nous avons essayer d’aller voir l’exposition Salgado au musée européen de la photographie, on prépare en ce moment une sortie Café des chats à Paris (Japon), et d’aller voir Le Vent se lève à la Pagode. Pour la suite il y a aussi le musée du Quai Branly,

cirque romanes affiche

Ce site propose des plans de villes ou cartes de régions illustrées, certaines sont vraiment sympas, et elles sont toutes en haute résolution.

Fiches Documentaires par continent avec les étiquettes pour  (parfois!) les étiquettes pour le grand planisphère de la classe et du couloir:

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EUROPE

ASIE

OCEANIE

AMERIQUES

AFRIQUE

Pour chaque continent je fais un jeu de l’oie avec les photos des différentes découvertes. Le principe est simple, ils doivent dire de quoi il s’agit sur la case où il tombe avec le nom du pays, s’ils ne savent pas ils reculent là où ils étaient.

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J’ai aussi adapté le livre Hungry Planet en faisant des fiches plus simples. A chaque fin de continent je leur distribue toutes les fiches des pays étudiés et on les commente. Ca permet de travailler la monnaie et la numération en comparant les sommes dépenser par semaine par chaque famille, et je leur demande de repérer sur les photos des choses qu’ils reconnaissent et qu’ils les situent dans la photo pour que les autres les trouve, excellent pour leur faire utiliser le vocabulaire spatial.

Inde

Enfin, j’ai fait des fiches coloriages qui reprennent les illustrations de ce qu’ils ont découvert au fil du voyage. Ils les colorie pendant le premier quart d’heure du matin s’ils ont fait leur métier, où lorsque nous devons nous absenter pour une (de nos nombreuses!)réunion. Quand il est terminé on peut l’accrocher dans le couloir à côté du planisphère. J’ai trouvé la plupart sur des sites spécialisés mais merci à Bout de Gomme qui en a publié quelqu’uns très jolis que j’ai emprunté.

 

coloriage Inde

 

 

BILAN

La fin du voyage est arrivée. Le voyageur est toujours partagé entre l’émotion du retour et celle de la fin. Mais pour ce voyage là, sans séparation ni distance, il n’y a pas de retour mais simplement deux fins, celle du voyage, triste, et celle de l’année scolaire, joyeuse. A la fin donc, les élèves, devant ce grand planisphère, maillé de toutes nos découvertes, ont réalisé que ce vaste monde leur était un peu plus familier, et un peu plus mystérieux encore. Dans cette « aventure », aucun n’aura retenu exactement les mêmes choses, le but n’était pas de s’assurer qu’ils pourraient situer l’Italie, ou la Papouasie, ou encore de lister les animaux vivant dans la forêt équatoriale, ou décrire le mode de vie des Inuits.  Le but était d’ouvrir des portes et des voix de réflexion sur tous ces endroits, susciter la curiosité à propos des différents modes de vies (nomades/sédentaires, climats, chasseurs/agriculteurs, arts, spiritualité), montrer les liens qu’ont tissé pendant des millénaires les animaux, les plantes, et les hommes, responsabiliser sur le fait que ces équilibres sont toujours menacés (espèces en voie de disparition, persécution des minorités, destruction des habitats naturels), tout en lisant, écoutant, écrivant, touchant les différentes matières de ces découvertes. A chaque semaine, un nouvel épisode, et une réactivation du champ lexical dans un contexte différent (activation de la mémoire sémantique et épisodique). Chaque élève, en fonction de sa sensibilité, s’est approprié une partie de ces connaissances, l’a partagé à sa manière, et toute la classe s’est retrouvé devant le planisphère à la fin de l’année chacun pointant ce qui avait eu de l’importance pour lui ou elle, sachant que cette expérience les liait désormais.

Il manque dans l’article quelques éléments que je n’ai pas eu le temps de créer cette année comme les coloriages en Amérique, Europe et Afrique ou encore les jeux de l’oie. J’essaierai de les finir assez vite pour ceux que ça intéresse. Je suis aussi conscient du manque de cohérence graphique entre le début et la fin du projet mais je n’ai pas eu le temps de tout harmoniser, ça prend du temps !

Bon voyage pour tous ceux qui vont partir prochainement !

Gérer l’hétérogénéité en classe spécialisée avec le cahier de progrès et les cahiers d’entraînement

Il y a deux ans j’ai commencé à sérieusement mettre en doute ma façon d’organiser le travail des élèves. Je ne différenciais pas suffisamment je ne respectais pas assez le rythme de chaque élève, je ne leur laissais que très peu de choix dans leur parcours d’apprenant, et aggravait cette fâcheuse tendance qu’ils ont de se rendre dépendants des autres.  La concentration d’adultes que forme la prise en charge de l’enfant (parents, rééducateurs, éducateur, AMP, instit, éducs internat, médecin) et la tendance que chacun a de faire « à sa manière » avec l’enfant n’aident pas les enfants à gagner en autonomie. Un sentiment excessif de compassion pour certains, l’impatience pour d’autres, un renvoi à une angoisse personnelle, sont autant de raisons qui peuvent pousser à faire les tâches à la place de l’enfant. C’est bien naturel, on veut aider, et je me surprends moi-même bien souvent à faire à la place de l’enfant, à dire à sa place pour gagner du temps sur autre chose. Au lieu d’étayer grâce à des outils efficaces ce qui peut devenir une tâche pouvant être réalisée en autonomie, on soulage en faisant pour eux. Et finalement on empêche certaines victoires.
L’idée de la progression toute tracée, organisée pour chacun de la même manière me paraissait aller contre cette idée.
Je voulais d’abord qu’ils voient où ils en étaient dans leurs apprentissages, ce qu’ils avaient déjà appris, et ce qu’ils n’avaient pas encore abordé. Un outil visuel, simple qui les accompagne sur plusieurs années. Une sorte de livret de compétence mais qui leur est destiné. J’ai pensé à des cartes, illustrées, une affiche où les élèves pourraient coller les cartes d’apprentissage une fois terminées. Un tableau de bord sur la table où ils pourraient voir ce qu’ils apprennent.
Sur une piste mais très peu satisfait, c’est après avoir trouver le site de la PMEV qu’est venu la solution. J’ai ensuite découvert les cahiers de progrès de Charivari, et d’autres outils du même type qui m’ont lancé une fois pour toutes.
J’ai réalisé un cahier de progrès cycle 1, et un cahier de progrès cycle 2. Une version noir et blanc pour eux, et une version couleur que je garde et dans laquel je pioche les cartes pour les élèves. Je fais une évaluation français et une évaluation maths couvrant toutes les compétences du cycle au début de l’année, puis je distribue les cartes de compétences maîtrisées par les élèves qu’ils collent sur le cahier. Les évaluations ont enfin un sens positif, tout ce qui est maîtrisé est « récompensé » par une carte à coller. Petit motivation intrinsèque que je ne boude pas ! Les évaluations sont assez longues mais me permettent de mettre vraiment les choses à plat avec les élèves. Ils n’ont pas à les refaire ensuite puisque je garde les élèves dans ma classe 2 ou 3 ans.
Une fois le cahier rempli, je le parcours avec l’élève pour lui montrer tout ce qu’il sait faire et ce qui lui reste à découvrir. Il peut choisir 2 cartes en même temps, pas plus, cela leur permet de ne pas s’embrouiller avec trop de choses à la fois, et au début de chaque séance de pouvoir choisir ce qu’ils veulent travailler (Je n’ai pas réussi encore à trouver une adaptation du plan de travail qui me convienne). J’ai remarqué des effets très positifs pour des élèves présentant des troubles du comportement (opposition/provocation), j’ai pu remarqué qu’en leur donnant le contrôle sur une partie des choix qui les concerne cela permet tait d’aider à éviter le déclenchement des crises.

Les élèves peuvent ne travailler que du français, ou que des maths, peu importe. Je trouve ça important pour eux de pouvoir se concentrer sur un domaine d’apprentissage particulier pendant le temps qu’ils souhaitent, cela rejoint un des principes de la pédagogie Montessori : laisser l’enfant s’orienter naturellement vers les acquisitions qui ont du sens pour lui à un moment donné, et le laisser approfondir autant de temps qu’il le souhaite jusqu’à qu’il ait atteint un niveau de maîtrise suffisant pour lui. Ce respect du rythme de chaque enfant est un élément très important de ce système. Et puis cela génère dans la classe des « spécialistes » de telle ou telle notion, ils sont connus des autres et peuvent être consultés pour une aide. Je ferai bientôt un tableau de référence pour ces spécialistes, affiché en classe. Même pour les plus faibles, il y a toujours un domaine qui peut les mettre en valeur par rapport aux autres, cela renforce le travail en équipe, c’est grâce à toutes nos compétence qu’on peut arriver à réaliser nos projets, et qu’être autonome c’est aussi savoir demander de l’aide à celui qui saura nous aider.

Chaque carte se rapporte à un cahier d’entraînement. Ce cahier est imprimé en mode livret de l’imprimante, sur papier A3. Chaque cahier est en version WORD pour que les enfants avec des difficultés en écriture manuelle puisse travailler sur ordinateur (sur word je peux aussi agrandir autant que nécessaire pour les élèves avec des déficiences visuelles), et donc laisser les enfants en autonomie dans la mesure du possible.

Les cahiers sont composés, autant que possible, comme une séquence, une phase de découverte avec du matériel de manipulation (si je trouve j’utilise du matériel Montessori entre autres choses), des leçons, des exercices d’entraînement, des jeux, des jeux à l’ordinateur et une auto-évaluation. J’adapte en fonction des possibilités des enfants (ex : une manipulation commentée pour les élèves en grandes difficultés motrices). Le travail contenu dans un cahier d’entraînement est plus consistant que celui que je proposerais pour une classe ordinaire, ils ont pour la plupart besoin d’un entraînement plus long pour permettre des acquisitions solides. Les élèves sont dans ma classe en raison du retard accumulé dans les autres classes.

Il y a aussi une auto-évaluation pour chaque exercice au début du cahier, ils doivent cocher « seul » ou « avec aide » (capable de faire…), cela les aide en deux choses : la première c’est qu’ils évoluent dans quelque chose de structuré, un début et une fin, et un retour constant sur leur propre travail, la deuxième c’est qu’ils apprennent à se poser la bonne question : « Suis-je capable de le faire seul? », et pas « est-ce que j’ai fait des fautes? », le but est de ne plus avoir à appeler le maître, et donc de se servir de ses précédentes erreurs, de sa partie leçon et surtout de chercher seul pour réussir la tâche. 

Bilan d'un cahier d'exercices

C’est intéressant de voir que ce sont les élèves les plus en difficulté qui se servent le plus de la partie auto-évaluation, elle les aide visualiser leur progression, ce qu’il reste à accomplir, pour certain à anticiper. A la fin de l’auto-évluation l’élève dit aussi s’il a besoin encore de s’entraîner, si oui je peux donner une fiche visant les compétences sur lesquelles l’élèves a des problèmes. A la fin de chaque cahier je programme  une révision 3 mois après (sous forme de jeu ou d’exercices complémentaires). J’utilise le calendrier de Google pour déclencher les alarmes. Chaque jour, on vérifie les mails et annonce les révisions à faire pour les élèves concernés.

J’essaye de donner un rythme  aux cahiers, avec une alternance entre jeux, et exercices d’entraînement. Ainsi les élèves savent qu’après certains exercices un peu âpres ils pourront inviter un camarade à jouer au jeu que leur conseille le cahier.

Exercices pairs impairsJeu pair impair

Je suis également présent à chaque fois qu’un élève arrive à un point leçon. On l’a lit ensemble, et je m’assure que l’élève a bien compris la notion avant de le laisser s’entraîner avec les exercices. Les autres travaillent seuls, avec leur AMP ou attendent que j’ai fini.

leçon mois de l'année

On écrit la date de début et la date de fin pour se rendre compte du temps passé sur la notion.
Une fois le cahier terminé, on colle la carte qui était collé avec la pâte à fix derrière l’emploi du temps sur le cahier de progrès sans oublier de la dater au jour de la fin du cahier. Cela permet au inscrits suivants de savoir ce qui a été fait et quand.

Capture d’écran 2013-12-30 à 10.35.04           coller une carte dans le cahier de progrès

A la fin de chaque semestre je fais une évaluation sur les cahiers terminés par l’élève qui accompagnent le livret scolaire. Je transmets également le cahier de progrès aux parents.

Bilan individuel couvertureBilan grille finale

Pour la création des cahiers, j’invente, je m’inspire des projets de la classe, mais aussi et surtout je pioche et j’emprunte le travail de nombreux collègues bloggeurs comme Charivari, Lutin Bazar, Bout de Gomme,… et bien d’autres sites (Les coccinelles, La petite souris, …). Je pourrai enfin les remercier et les créditer sur ce blog. J’utilise également les fiches Rue des Ecoles qui présentent des séquences bien construites. J’aimerais dans l’idéal pouvoir proposer des idées originales pour chaque cahier mais la somme de travail est déjà bien trop importante. Chaque enfant ayant un parcours bien à lui le nombre de cahiers à réaliser en même temps peut vite devenir ingérable. Je ne sais pas à quel point j’enfreins les règles de copyright (rue des écoles) ou celles tacites entre collègues bloggeurs, mais je suis prêt à retirer tout contenu allant à l’encontre des droits que les auteurs ont sur leurs créations si ces derniers me le demande. J’essaye juste de créer un matériel le plus attractif et adapté possible.

Un exemple de cahier de progrès, un cahier d’écriture : Ecrire un courriel

Les cahiers peuvent être ramenés à la maison à condition que la leçon ait été vue en classe. Les élèves choisissent d’avoir des devoirs ou non. Il a été intéressant d’observer les différentes réactions. Certains n’ont jamais emmené aucun cahier à la maison, bien contents de ne plus avoir de devoirs. D’autres l’ont fait pendant quelques temps de façon assidue et avec plaisir, pour progresser plus vite selon eux. D’autres encore les ramenaient pensant faire plaisir aux parents, mais au final, aucun élève n’a garder cette habitude, et ils ont tous abandonné les exercices d’entraînement à la maison pour ne les faire qu’en classe.

Ce système est encore loin d’être parfait mais m’a permis d’avancer dans le bon sens. La lecture et l’écriture ont encore du mal à trouver une place dans cette organisation (systématisation et suivi), c’est un peu chaotique et ces activités se font pour chacun au gré des projets, en fonction des besoins, des opportunités que je multiplie le plus possible au cours de la journée (courriels, Twitter, Picasa pour légender les photos, lecture documentaire et littérature de jeunesse pour notre voyage autour du monde…). Il y a cependant des cahiers d’apprentissage pour découvrir plusieurs types décrits (lettre, email, tweets, BD, …), et des cahiers de lecture compréhension (mythes, contes, légendes, j’essaie d’en proposer régulièrement en lien avec les thèmes actuels de la classe).

Je proposerai des cahiers réalisées en format word et pdf pour que chacun puisse se les approprier.

Je ne partage pas ce travail comme étant abouti et définitif, chaque cahier est largement perfectible, il y a encore beaucoup d’erreurs mais j’espère qu’en les partageant ici, ils seront suffisamment commentés pour être améliorés.

Je n’ai pas réalisé les cahiers de progrès sur WORD, je ne peux donc pas partager les fichiers modifiables.

cahier de progrès cycle 2 (version élèves)

cahier de progrès cycle 2 (version enseignant à découper)

cahier de progrès cycle 1 (version élèves)

cahier de progrès cycle 1 (version enseignant a découper)

Couverture cahier de progrès

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L’Egypte Antique et le groupe culture

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Durant 3 années, j’ai travaillé avec 2 orthophonistes en classe, 45 minutes par semaines pour un groupe orienté sur la découverte culturelle en mettant l’accent sur l’évocation et la restitution. Nous abordions un thème par période, une sortie de classe en rapport avec ce thème, une préparation de la sortie sur 3 ou 4 séances, puis un retour sur la sortie sur 1 ou 2 séances avec la préparation d’une affiche, d’un article ou d’un autre support pour communiquer nos découvertes aux autres. Le projet s’est s’arrêter cette année, mais je continue un groupe similaire sans l’intervention d’orthophonistes. Je trouve que la cohésion qu’apporte le culturel dans une classe aussi hétérogène que la mienne est un élément essentiel pour maintenir un groupe classe solide et vivant.

Un des thèmes de l’année dernière était l’Egypte Antique. Nous l’avons travaillé sur 2 période. Il y avait beaucoup de choses à découvrir ! Pour la visite nous sommes allés au Louvre pour une visite guidée très intéressante sur la vie quotidienne des Egyptiens, mais les élèves étaient un peu déçus, ils attendaient plus d’extraordinaire, des momies par exemple.

Pour la préparation, nous avons abordé les thèmes suivants: la situation géographique du pays, les bateaux, la religion, les métiers, les sports, la médecine, la vie sociale, les pharaons, les grands monuments, l’alimentation.

Nous leur avons fait apprendre un poème ou un proverbe égyptien au choix, et avec l’educatrice, l’AMP de la classe et les élèves nous avons préparé un repas égyptien. Vous pouvez télécharger tous les documents que j’ai réalisé pour ces séances, mais ce ne sont pas les seuls appuis que nous avons utilisé. Nous avons projeté des extraits de films pour l’histoire de Cléopâtre et d’Alexandre le Grand. Nous avons aussi regardé des passages de documentaires pour découvrir les pyramides, le Sphynx et les obélisques, sans oublier les livres documentaires amenés de la bibliothèque.

Aide pour la fresque

La situation géographique, les bateaux

les grands monuments

menu, medecine, société, sports, métiers

pharaon

religion

repas égyptien avec les recettes

Jeu de l'oie egypte antique

Pour la dernière séance, j’ai réalisé un jeu de l’oie spécial Egypte Antique. Les élèves ont beaucoup aimé y jouer en équipe, et continuent d’y jouer encore cette année avec plaisir, rien de mieux pour réactiver de vieilles mémoires endormies. Les cartes sont imprimées recto verso et plastifiées. Les questions reprennent tous les thèmes vus en classe.

jeu de l’oie Égypte Antique

questions jeu de l’oie Égypte Antique

regles du jeu de l’oie Égypte Antique

La prof d’arts plastiques nous a aidé à réaliser une fresque en projetant l’ombre des élèves sur un grand morceau de papier, les silhouettes ainsi obtenues servaient de base pour donner vie à des personnages de l’Egypte Antique qu’ils avaient choisi (Ramses II, Hathor et Anubis). On a ensuite chercher les traductions de ces noms et réaliser les hiéroglyphes, idem pour le nom de la fresque, traduit en hiéroglyphes phonétiques cette fois-ci. J’ai créé ce document de rappel pour la création de la fresque. Et voilà ce que ça donne !

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Jeux de l’oie sur le thème des animaux.

Voici 3 planches de jeux pour travailler le vocabulaire sur le thème des animaux en cycle 1 ou 2. Les élèves adorent y jouer, j’ai même un élève qui y joue tout seul pendant les récréations!

jeux de l'oie animaux

Les élèves peuvent y jouer lorsqu’ils travaillent sur le cahier d’entraînement « Connaître les animaux », ou pendant les récréations s’ils peuvent rester (principe des cartes privilèges).

Ces trois jeux distinguent les animaux terrestres, ceux qui volent et les animaux aquatiques. certains des choix pourront vous paraître bizarre mais je trouvais intéressant de leur montrer que certains animaux pouvaient s’adapter plusieurs milieux à la fois.

Les règles sont simples, l’élève doit nommer l’animal sur lequel il tombe, s’il réussit il reste où il est, s’il échoue il revient à la case précédente. Le pont fait avancer le joueur à la case 12, le labyrinthe le fait revenir à la case 20, la case « hamac » lui fait faire la sieste pendant 2 tours, et la case 36 est la case mortelle, retour à la case départ.

Amusez-vous bien!

jeu de l’oie animaux aquatiques

jeu de l’oie animaux terrestres

jeu de l’oie animaux volants

Un chien en classe avec l’association parole de chien

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On m’a proposé l’année dernière d’accueillir un chien dans la classe grâce à l’association  Parole de chien. J’étais plutôt content parce que j’adore les chiens, mais après avoir accepté j’avoue que je n’arrivais pas vraiment à me projeter et à mesurer tout le potentiel pédagogique de cette opportunité. Je sentais l’intérêt possible dans l’étude du vivant et la responsabilisation dans les soins à apporter à l’animal, mais c’est à peu près tout.

J’ai commencé par quelques lectures, en m’orientant sur la zoothérapie, pour comprendre comment le chien (ou un autre animal) pouvait intervenir dans un travail thérapeutique. On y apprend que des pays s’y intéressent depuis quelques temps déjà, essentiellement anglo-saxons, et que cette pratique reste controversée. Le mot thérapie est souvent rejeté, en France on parle plus de médiation animale (voir ce site) mais l’évaluation des résultats de cette pratique reste difficile et les résultats sont loin d’être incontestables. En gros, il y a ceux qui y croient, et ceux qui n’y croient pas. Ce ne sera pas l’objet de cet article.

J’ai trouvé peu d’approches pédagogiques de la question. La référence en France dans l’approche pédagogique de la médiation animale, c’est le professeur Hubert Montagner (Professeur des universités en retraite  en psychophysiologie et neurosciences, et ancien directeur de recherche à l’INSERM). Il a publié 2 ouvrages sur la question :  « L’enfant, l’animal et l’école » de 1995, et « L’enfant et l’animal » de 2002. Le premier est une somme de textes sur l’intégration de l’animal dans sa pédagogie et de ses intérêts concrets, beaucoup de points de vues différents (instituteurs, vétérinaires, le professeur Montagner lui-même…). Le second est plus une réflexion globale sur la place de l’animal dans le développement de l’enfant, intéressant mais moins déclencheur d’idées que le premier. Je les ai trouvé tous les deux dans la réserve centrale des bibliothèques municipale de Paris.

Un peu plus au clair avec ce que nous allions pouvoir faire, j’ai rencontré l’association Parole de Chien, qui se chargeait d’amener le chien et de proposer des activités adaptés au projet pédagogique. J’ai donc rencontré Isabelle (Fondatrice de l’association), et Catherine (intervenante avec son propre chien, un cocker bientôt à la retraite) avec qui nous nous sommes mis d’accord sur les objectifs de leurs interventions et le projet sur lequel nous allions pouvoir nous appuyer. Elles avaient déjà travailler l’année précédente avec une classe de moyenne section, mais notre classe, avec un effectif plus élevé et plus âgé, demandait un projet différent.

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Enfin, l’élément le plus important : le chien. C’est Djazie qui a été choisi pour nous rendre visite, une femelle labrador de 5 ans, formé à l’assistance auprès de personnes handicapés moteurs, et recalée parce qu’elle contrôlait mal son appétit dans la rue. Pour nos séances cela ne posait aucun problème, elle pouvait parfois être un peu distraite mais les enfants devaient d’autant mieux attirer son attention.

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Avant l’intervention d’Isabelle et de Catherine, nous avons convenu de quelques pistes sur les thèmes à aborder:

  • Alimentation / Reproduction / Sens (odorat développé)
  • Comportement de défense, protection, attaque (lire le langage corporel du chien et mieux s’adapter aux situation de communications non verbales)
  • Trouver des histoires de chien (contes, légendes, mythes, albums, films)
  • Pelage, soin, hygiène, responsabilisation
  • Ordres à donner au chien (contrôle du chien pour les plus peureux, et initiation aux possibilités qu’offrent un chien dressé pour assister une personne en situation de handicap).
  • Les races de chiens dans le monde (en lien avec notre projet de Voyage autour du monde)
  • Les fonctions du chien auprès de l’homme (bergers, douanes, pompiers, cirque…)
  • Les différentes postures du chien, le langage canin.
  • En lien avec le travail spécifique autour du chien, un travail plus large autour des animaux avec comme support des visites de la ménagerie, du musée d’histoire naturelle, d’une ferme pédagogique)
  • Vocabulaire de la morphologie du chien.
  • Gestion du chien en situation : rencontre d’un maître et de son chien (demander de le caresser) et promenade.

Nous avons aussi convenu de la structure des séances qui commenceraient toutes par un bonjour individuel (une petite caresse) et un au revoir du même type. Ensuite, on présente un nouvel ordre que réalisent un ou deux enfants, puis chaque élève fait un des anciens ordres grâce à une carte pense-bête, et sont inscrits dans un tableau pour permettre à chaque élève de réaliser chaque ordre. Les cartes ordres présentent les étapes de chaque ordre et avec le geste à faire et l’ordre à prononcer.

Voici les ordres que les enfants ont appris :

  • Le rappel
  • La roulade
  • Aboyer
  • Aller chercher le téléphone
  • Ramasser un trousseau de clés ou une pièce de monnaie
  • Pas bouger

Les ordres étaient plus ou moins complexes, certains incluaient une série de plusieurs  ordres simples comme « assis », « couché » avec le geste associé.

Enfin, la séance se termine avec une phase plus théorique sur un des thèmes évoqués plus haut, et la présentation d’une race de chien des pays que nous avons visités au cours des deux semaines précédentes.

Djazie, Isabelle et Catherine nous rendent visite une fois tous les 15 jours, la semaine où elles ne viennent pas nous permet de préparer les « cartes ordre », et de revenir sur les notions théoriques abordées en faisant des exercices de rappel.Vous trouverez ci-dessous les documents que j’ai préparé pour ces séances.

Le travail le plus intéressant à mon avis se fait au niveau émotionnel. Le contrôle de sa peur ou de son excitation est essentiel pour le bon déroulement des ordres et pour ne pas perturber le chien.  La motivation est très forte et permet de travailler intensément certaines compétences. Un ordre donné avec une petite voie n’est pas reconnu par le chien. Cette exigence a permis à des élèves introvertis de travailler leur voie et leur présence, à d’autres avec des difficultés articulatoires de se mobiliser au maximum pour être le plus compréhensible possible, enfin pour certains, avec des déficiences plus importantes, de se mobiliser pour retenir un mot+un geste et permettre le bon déroulement de l’ordre. Les cartes permettent aux élèves plus fragiles de s’appuyer sur un élément visuel de rappel si l’émotion est trop forte et la difficulté trop grande,  les plus à l’aise pourront viser les objectifs suivants:  gestion des émotions, se passer des cartes, se rappeler des étapes des ordres complexes tout en gérant leur voie et leur présence.

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Chacun, à son niveau, a pu travailler des compétences propres à son projet personnel, et l’investissement affectif a été tel que les progrès et les efforts en ont été décuplés. Le chien peut être un formidable médiateur, et un merveilleux partenaire pédagogique.

Merci Parole de chien et merci Djazie !